Le Caire

La capitale égyptienne s’étend sur les deux rives du Nil. Le gouvernorat de Giza, sur la rive ouest,

et celui du Caire proprement dit, sur la rive est, se confondent dans la même mégapole.


La modernité du Caire vue du Nil

Le Caire, insubmersible, inaltérable, reste pour les Egyptiens «la Victorieuse», «la Mère du monde» ou, plus simplement, «Misr», du nom de l’Egypte tout entière.


La capitale égyptienne s’étend sur les deux rives du Nil. Le gouvernorat de Giza, sur la rive ouest, et celui du Caire proprement dit, sur la rive est, se confondent dans la même mégapole. Insatiable, la plus grande ville du continent africain grignote un peu plus chaque jour les sables du désert et les terres agricoles. Tant et si bien que nul ne sait combien sont les Cairotes : 10 millions, 15 millions, 20 millions ?


Le Caire, la nuit

Le Caire

Le Caire étonnait déjà les voyageurs au temps des Mamelouks. Mais Le Caire, cité indomptable, reste pour les Égyptiens « la Victorieuse », « la Mère du monde » ou, plus simplement, « Misr », du nom de l’Égypte tout entière. Pour peu qu’il accepte de s’y perdre, le visiteur étranger découvrira, lui aussi, la douceur de ses nuits tout illuminées des néons verts des mosquées, la chaleur de ses petits cafés populaires, le plaisir de déambuler dans les ruelles et l’humour souriant des Cairotes.


Vue du centre-ville du Caire

Centre-ville

Sur la rive orientale du Nil, entre les places Tahrir, Ataba et la gare Ramsès s’étend la ville moderne, actuel centre-ville. Européanisé dès le milieu du XIXe siècle, ce quartier a été construit selon le modèle haussmannien : les rues y sont larges et se croisent à angle droit, les immeubles rococo aux moulures de stuc représentaient à l’époque le comble de la modernité. On y découvrira également quelques bijoux architecturaux de la Belle Epoque.


Centre commercial City Stars

Rue Talaat Harb, rue Qasr el-Nil, avenue du 26-Juillet, d’immenses affiches peintes annoncent les films qui se jouent dans les cinémas. Le jeudi soir, les Cairotes se pressent sur les trottoirs de ce haut lieu du lèche-vitrine. Coupons de tissus, vêtements, chaussures, mais aussi grands magasins (le fameux Omar Effendi, la Samaritaine égyptienne) et excellentes pâtisseries, fast-food à la mode et cabarets de danse du ventre : ici se croisent les touristes des pays arabes, les paysans de Haute-Égypte et les étudiantes de l’université américaine.

En quittant les grands axes, on découvre, dans les passages étonnants de Khan-el-Khalili, de petits restaurants et des cafés populaires où des hommes en costume et cravate viennent fumer leur narghileh en sirotant un thé très sucré loin de l’agitation.

Au cœur du centre-ville, la place Tahrir (« place de la Libération ») résume la ville à elle seule : un bâtiment à l’architecture orientalisante abrite l’université américaine. Un immense édifice en demi-cercle, le Mogamma, abrite plusieurs instances gouvernementales. On peut être amené à s'y rendre si on désire une prolongation de visa. Dans ce cas, on appréciera ensuite d’aller déguster une bière fraîche à la terrasse du Nile Hilton.


Le métro, la quatrième pyramide

Inaugurée en 1987 en présence de Jacques Chirac, alors Premier Ministre, la première ligne de métro a donné bien du fil à retordre aux ingénieurs français qui l’ont conçue et réalisée. Mais le résultat est là: plus d’un million de voyageurs chaque jour entre Choubra el-Kheima au nord et Helwan au sud et un matériel qui fonctionne parfaitement. Une deuxième ligne, qui relie les deux rives, a été inaugurée en 1998. Elle a été prolongée jusqu’à Giza.


Le berceau de la danse orientale

Au cœur de la nuit cairote, la danseuse brille de tous ses strass… Ce que les Occidentaux appellent la danse du ventre tient ici de l’institution. Elle a ses maîtres, qui reçoivent des élèves du monde entier, ses stars, que les hôtels de luxe et les producteurs de cinéma s’arrachent, ses couturiers, ses musiciens, son avenue où se succèdent les cabarets, et même ses bouges.


La mosquée d'Ibn Tulun

Quartiers islamiques

Le Caire, la «Ville aux mille minarets» ne possède pas, pour les musulmans, le caractère sacré de La Mecque, de Médine ou de Jérusalem. Mais ses rues et ses ruelles recèlent des trésors de l’art islamique, souvent abîmés mais éblouissants aux yeux de qui sait les chercher et les regarder. L’entrée des monuments islamiques est payante. Attention à se vêtir de façon appropriée : pas de short, ni de débardeur. Prévoir un foulard pour toutes les mosquées.


Mosquée de Mohammed Ali

Autour de Bab el-Foutouh

Dans les quartiers du vieux Caire islamique on trouvera des mosquées, des palais, des caravansérails et des écoles coraniques qui ont malheureusement subi les assauts du temps. Mais de ces quartiers populaires, finalement assez peu touristiques, émerge toute la vie du petit peuple du Caire: petits métiers, vendeurs ambulants, artisans. Les deux portes monumentales, Bab el-Foutouh (porte des Conquêtes) et Bab el-Nasr (porte de la Victoire) marquent la limite nord du Caire fatimide. Entre les deux, le vestige de l’enceinte fortifiée qui entourait la ville dégage une impression d’invulnérabilité. A côté de la porte des Victoires se dresse la mosquée el-Hakim, construite dans les premières années de l’an mil. Fréquentée essentiellement par une secte chiite indienne, elle a été restaurée avec force béton et marbre, en 1980, et a perdu beaucoup de sa beauté sobre.


Mosquée de Al Aqmar

Devant la mosquée commence la rue Mouizz el-Din Allah, bordée de magnifiques monuments islamiques. Dans une des premières ruelles à gauche (rue Dahab), la Beit el-Souhaymi, ancienne demeure d’un cheikh d’el-Azhar du XVIIe siècle, donne la mesure de la splendeur des habitations des notables à l’époque mamelouk. La rue Mouizz el-Din Allah vous mènera ensuite à la mosquée el-Aqmar (1125) et à la madrasa du sultan Barkouk (XIVe siècle).


Les cris des vendeurs ambulants

Les cris des vendeurs ambulants. Vous ne les comprenez peut-être pas, mais ils recèlent toute la poésie et l’humour du peuple égyptien. En voici quelques exemples. Pour vanter la douceur du raisin : « Oh! endormi sur la treille alors que t’embrassent les abeilles!»; «Canne de 7 mètres, ô canne», crie le vendeur de canne à sucre en exagérant très largement (la canne à sucre n’excède pas les 5 m de long). « Le chaudron de fèves fini, nul ne vous les garantit», affirme avec bon sens le vendeur de foul, désireux de se débarrasser au plus vite du contenu de sa marmite.
Sur la droite, le mausolée de Qalaôun, édifié entre 1284 et 1293, comprenait une mosquée madrasa (école), un hôpital et un tombeau dont le silence apaisant semble, encore aujourd’hui, magnifié par les vitraux des fenêtres.


le Caire, le souk Khan El Khahili

Khan el-Khalili

C’est le domaine des commerçants et des touristes. Dans ses ruelles étroites se vendent et s’achètent bijoux, objets de cuivre, boîtes de marqueterie, imitations pharaoniques, pierres semi-précieuses, tapis, vaisselle de verre soufflé et autres souvenirs. Les boutiques se regroupent encore par corporation. On y flâne, on y marchande, on s’y perd. Et on va déguster un thé ou un karkadé au café Fichawi, lieu incontournable du khan. Voilà encore quelques années, Naguib Mahfouz lui-même venait se reposer sous un des grands miroirs de la salle jaunie par le temps.


Le Caire

Les îles : Gezira et Roda

Verdoyante et comme à l’abri de la folie de la capitale, l’île de Gézira, au milieu du Nil, abrite le quartier résidentiel de Zamalek, des clubs sportifs, le nouvel opéra et la tour du Caire, qui domine la ville du haut de ses 185 m. Siège de nombreuses ambassades, choisi pour son calme par beaucoup de résidents étrangers, Zamalek semble vivre à son propre rythme. Le visiteur lassé des embouteillages et des foules des quartiers populaires peut flâner tranquillement dans des rues ombragées bordées de villas au charme désuet. L’île de Roda abrite le palais Manyal, ancienne résidence du fils du khédive Tewfiq, Mohamed Ali, aujourd’hui transformé en musée (ouvert de 9 h à 16 h. Entrée payante). Nichée au bord du Nil, protégée par un rempart imitant les fortifications, l’ancienne demeure royale est entourée d’un magnifique jardin à la végétation luxuriante.


Cité des morts

Au pied de la falaise du Moqattam s’étend, sur des kilomètres carrés, la Cité des morts, sans doute une des plus vastes nécropoles du monde. On y trouve des tombes de petites gens, simples catafalques de pierre, et de grandioses mausolées où reposent les émirs et les sultans, pour certains depuis le XVe siècle. Les vivants, eux, habitent de petites maisons de deux ou trois pièces, construites au XIXe siècle pour veiller les morts, selon un rituel venu des pharaons. Quand se loger au Caire est devenu une gageure, les plus pauvres se sont précipités sur ces «villas», qui présentaient l’immense avantage d’offrir espace et calme. Finalement, les habitants de la Cité des morts vivent plutôt mieux que ceux des quartiers surpeuplés d’Imbaba ou de Choubra. Les amateurs d’architecture mamelouk iront visiter, dans la partie nord de la nécropole (el-Khalifa), les deux mausolées de Qaitbay et de Barkouk.


Rive occidentale

Distincte administrativement de la rive orientale – quand on passe le Nil, on quitte Le Caire et on pénètre dans le gouvernorat de Giza – la rive ouest du Nil l’est aussi dans son peuplement et dans son aspect. Ici s’étendent sur des kilomètres des immeubles modernes sans âme et de grandes avenues toutes droites. Ici ou là, un parc planté de lourds eucalyptus, une petite place de village, une belle villa restaurée rappellent au visiteur qu’une certaine bourgeoisie construisait là ses résidences en pleine campagne voilà seulement quelques décennies.



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